mardi 23 août 2016

Armées d’Aujourd’hui 01 - L’Armée de Terre française - Les Hauts Etats-majors (2)

Armées d'Aujourd'hui 01 : L'Armée de Terre Française

Les Hauts Etats-majors

Au sommet de la hiérarchie, on trouve l’Etat-major des armées (EMA), dirigé par le chef d’état-major des armées (CEMA) et secondé par le major-général des armées (MGA). Ces organes de commandement dépendent directement du Président de la République. Au niveau inférieur, quatre branches se distinguent : l'Armée de Terre, la Marine Nationale, l'Armée de l'Air et la Gendarmerie Nationale. Nous allons ici nous intéresser à ce qui se trouve au sommet de l'Armée de Terre, rendant la projection des forces sous leur commandement possible, en vue de répondre à une demande de l'Etat ou d'alliés.

a) L’état-major de l’armée de terre (EMAT)

A la tête de l’armée de terre, on trouve le « chef d’état-major de l’armée de terre » (CEMAT), secondé par « l’état-major de l’armée de terre » (EMAT) dirigé par le « major-général de l’armée de terre » (MGAT). C’est ce haut de la chaîne qui est en relation directe avec les états-majors des autres armées. Le MGAT fait appliquer les décisions du CEMAT, et coordonne au niveau national la coordination des troupes, les tableaux d’avancement, etc. Il est aussi en contact direct avec le « service d’informations - relations publiques de l’armée de terre » (SIRPA Terre).

b) Le commandement des forces terrestres (CFT)

Relevant directement du CEMAT, on trouve le « commandement des forces terrestres » (CFT), stationné à Lille depuis 1998, et dont l’ancien nom était « commandement de la force d’action terrestre » (CFAT). C’est lui qui met en place les forces terrestres françaises en vue des « opérations extérieures » (OPEX) : il coordonne l’entraînement, forme les états-majors de rang inférieur et peut soutenir les OPEX par adjonction d’experts.

Eurocopter EC665 "Tigres" du 5e RHC

Le CFT a sous sa juridiction les « états-majors de force » (EMF) n°1 et n°3 (Besançon et Marseille), les n°2 et n°4 ayant été supprimés en 2011, le corps de réaction rapide-France (CRR-FR) et le « commandement des centres de préparation des forces » (CCPF) de Mailly-le-Camp, dont le but est d’offrir aux forces françaises destinées à être projetées en OPEX un entraînement pour toutes les situations possibles et imaginables, via ces fameux centres de préparation de force répartis sur le territoire français. C'est le passage obligé pour les forces destinées à être projetées. Notez qu'en 2016, les EMF ont été supprimés. Nous y reviendrons.


Enfin, le CFT dirige directement trois « régiments d’hélicoptères de combat » (RHC), le 132e « bataillon cynophile de l’armée de terre » (BCAT) et le 2e « régiment de dragons » (RD). Le grec κυνός (kynos) signifie chien : le 132e BCAT joue un rôle de soutien, et les maître-chiens qui composent la force sont utilisés pour rechercher des explosifs à l'aide de leurs compères à quatre pattes. Quant au 2e RD, il s’est spécialisé dans la défense face aux armes « nucléaires, bactériologiques et chimiques » (NBC).


c) Le corps de réaction rapide-France (CRR-FR)

Le corps de réaction rapide-France (CRR-FR) est un état-major subordonné au CFT et stationnant à Lille, destiné à projeter très rapidement sur un théâtre d’opération extérieure une force aux normes de l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord), de 5 000 à 60 000 hommes. Sa flexibilité en fait une High Readiness Force, label de l’OTAN accordé en tout et pour tout à 9 états-majors (Espagne, Allemagne, Italie, Turquie…) indiquant que ces états-majors sont capables d’agir extrêmement rapidement en cas d’urgence pour répondre aux crises internationales.



d) Les états-majors de force (EMF)


Si le CRR-FR est de niveau 1, les deux « états-majors de force » (EMF) sont de niveau 2, et sont stationnés à Besançon et à Marseille, et subordonnés au CFT. Ils peuvent commander une force divisionnaire de norme OTAN, avec un plafonnement de 20 000 à 30 000 hommes, contre les 60 000 du CRR-FR. Ils ont sinon les mêmes fonctions : projeter une force sur un théâtre d’opération extérieure. Ils ont été supprimés en 2016, preuve une fois de plus que rien n'est fixé.


Liste des épisodes :

1 : Présentation Historique
2 : Les Hauts États-majors

3 : Du Troupier au Corps d'Armée
4 : Les Spécialités
5 : Les Grades


Sources :

Site de l'Association Nationale des Réserves de l'Armée de Terre
Site de l'Otan
Site du Ministère de la Défense

dimanche 21 août 2016

Conflit d'Histoire 01 - Le Sengoku Jidai - Fermeture et Paix (5/5)

Conflit d'Histoire 01 : Le Sengoku Jidai
1467-1615, Japon 


Fermeture et Paix (5/5) 

La crise de l’autorité centrale du Shogun et les moyens militaires des Daimyos ont créé une situation guerrière insoutenable durant plus d’un siècle. Les clans de Samurai, récemment élevés ou voulant se rapporter à de prestigieux ancêtres, ont essaimé leurs provinces pour tenter d’étendre leur influence au détriment de leurs voisins. Pour cela, il fallait plus d’hommes, et on trouvait ces derniers dans les bandes de guerres d’Ashigaru, qui ont ensuite formé la base des armées des grands seigneurs, devenant des troupes disciplinées et professionnelles, capables d’utiliser les armes à feu introduites au milieu du XVIe siècle et d’accompagner les guerriers d’élite au combat.

Le 15e et dernier Shogun de la famille des Tokugawa

L’idée de restaurer le Shogunat n’a pu venir que de Daimyos ayant suffisamment de puissance et de succès militaires pour s’approprier la capitale Kyoto : Oda Nobunaga, son général Toyotomi Hideyoshi et son allié Tokugawa Ieyasu. Les réformes introduites par Hideyoshi tendent quant à elles à séparer définitivement la sphère guerrière des autres classes de la société pour stabiliser la situation politico-militaire une bonne fois pour toute. Une fois le Shogunat stabilisé à nouveau après moult péripéties par Ieyasu, le Japon perd son caractère féodal et retrouve une sorte d’unification. Les ports sont presque tous fermés pour le commerce, et les idées venant du continent asiatique s’arrêtent désormais aux portes du Japon désormais closes. Finis les échanges culturels et les expéditions. L’ordre des Tokugawa vise à fermer définitivement le Japon pour maintenir une hégémonie shogunale jamais mise à mal.

L'Amiral Perry et ses "Navires Noirs"

Ce n’est qu’au milieu du XIXe siècle que la marine américaine va venir présenter aux Japonais la technologie militaire d’un monde bien différent de celui du XVIIe siècle. L’ouverture forcée du Japon verra la faillite du Shogunat, l’essor du rôle de l’Empereur, reprenant enfin ses attributions, et la liquidation de la classe des guerriers qui paralyse socialement le pays. La fin des Samurai est consommée à la fin du XIXe siècle.

Tous les épisodes : 
 
1/5 : De la Chine au Japon.
2/5 : La Crise du Sengoku Jidai.
3/5 : Une Nouvelle Ère de la Guerre.
4/5 : Le Temps des Unificateurs.
5/5 : Fermeture et Paix.


Bibliographie indicative :
 

Akamatsu, P., « Une histoire du Japon, des origines à 1867 » [Sir George Bailey Sansom, A history of Japan : I. To 1334. ; II. 1334-1615. ; III. 1615-1867.], In Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, n°1, 1967, pp. 178-184
 
Otani, Ch., « Le mouvement insurrectionnel du Ikkô-Ikki, adeptes de la secte bouddhique Shin-shû au XVe et au XVIe siècle », In École pratique des hautes études. 4e section, Sciences historiques et philologiques, 1968, pp. 609-612.
 
Turnbull, S., Gerrard, H., Ashigaru 1467-1649. Warrior n°29, Osprey Publishing, Oxford, 2001, 64 p.
 
Turnbull, S., Samurai Commanders (2). 1577-1638. Elite 128., Osprey Publishing, Oxford, 2005, 64 p.
 
Turnbull, S., War in Japan 1467-1615. Essential Histories n°46, Osprey Publishing, Oxford, 2002, 95 p.






Conflit d'Histoire 01 - Le Sengoku Jidai - Le Temps des Unificateurs (4/5)

Conflit d'Histoire 01 : Le Sengoku Jidai
1467-1615, Japon 


Le Temps des Unificateurs (4/5)

Avant l’essor des trois Daimyo qui ont tenté ou réussi l’unification du Japon, les luttes ont vu des évolutions sociales sans précédent : certains Shugo ont fini dépossédés de leur terre, et certains guerriers ont fini par s’élever socialement pour devenir de grands seigneurs. Vers la fin de la période, les luttes s’intensifient autour de Kyoto. 

I. Oda Nobunaga (1534-1582)

Vers 1560, Oda Nobunaga est un Daimyo ayant tout juste réussi à unifier sa province, lorsqu’un certain Imagawa Yoshimoto dirige son armée dans le but de prendre Kyoto et de déposer une fois pour toute le Shogun théorique. Son trajet le somme de passer par le territoire du clan Oda. Nobunaga prend l’initiative malgré son infériorité numérique, et lance une attaque-éclair à Okehazama : son but n’est pas de battre l’armée supérieure en nombre, mais de prendre la tête du Daimyo, chose qu’il réussit à faire à la faveur d’un orage en contournant le campement principal. 


Ces premiers pas sont suivis par de longues luttes avec des clans rivaux, mais aussi avec les religieux. La montagne sacrée Hieizan est prise dans le sang, et Nobunaga traite avec les rébellions Ikkô-Ikki. Il assiège ainsi pendant près de dix ans leur forteresse à Imagawa : c’est le siège le plus long de l’histoire du Japon, fini en 1580. Il finit ainsi par juguler ces révoltes bouddhiques définitivement.


Il devient rapidement le Daimyo majeur de sa région. Approché par Ashikaga Yoshiaki pour prendre Kyoto, il réussit à le placer comme Shogun, en rognant progressivement son pouvoir. En 1573, le dernier Shogun Ashikaga est ainsi déposé. La bataille de Nagashino consacre sa prééminence sur les Takeda, les rivaux les plus importants de la région : en 1575, ses 3000 arquebusiers stoppent la charge ennemie, et le violent corps-à-corps qui s’ensuit marque le triomphe de Nobunaga. Après avoir terminé le siège d’Imagawa en 1580, Nobunaga commence à s’étendre vers l’ouest avec ses deux commandants : Toyotomi Hideyoshi et Akechi Mitsuhide. Le second, à la faveur de mouvements militaires, trahit Nobunaga séjournant dans un temple : encerclé, il se suicide, et son corps est calciné dans l’incendie qui ravage l’édifice en 1582. 

II. Toyotomi Hideyoshi (1536-1598)

Ce général loyal à Oda Nobunaga est l’exemple parfait de la mouvance sociale de l’époque. Simple Ashigaru, il gravit les rangs jusqu’à devenir un fidèle vassal. Lorsque Nobunaga est tué par Akechi Mitsuhide, il revient à marche forcée sur Kyoto, surprend son ancien collègue et le bat en bataille rangée. En 1585, le territoire appartenant autrefois à Nobunaga est enfin stabilisé entre ses mains, et il peut poursuivre la stratégie de conquête de son ancien seigneur, non sans avoir vaincu des généraux concurrents et les fils de Nobunaga. Il prend Shikoku et Kyushu entre 1585 et 1587. Ses conquêtes successives sont le moyen pour lui d’accroître son emprise et de réutiliser les hommes qu’il accueille sous ses ordres.


Pendant que le Japon s’unifie jusqu’en 1591 sous la houlette d’Hideyoshi, la Chasse aux Epées de 1588 et l’Edit de Séparation de 1591 marquent durablement le paysage social japonais. Cette chasse aux épées vise à aller chercher les armes de tous les paysans et de tous les vassaux réfractaires pour les confisquer. Or, c’était cette présence d’armes qui avait permis la constitution des premiers Ashigaru et leur maintien parmi la population des travailleurs du Daimyo. Plus jamais on ne devait voir des révoltés prendre les armes, et notamment les puissantes arquebuses 


L’Edit de Séparation fixe quant à lui la stratification sociale. Les paysans restent paysans, les membres de la classe militaire, Ashigarus ou Samurai, restent membres de la classe militaire. L’essor social d’Hideyoshi lui-même ne doit jamais plus se reproduire. De très nombreux Daimyos se sont élevés à la force de leurs armes : ce n'est désormais plus chose possible, et cette rigidité se maintient jusqu’à la fin du Shogunant Tokugawa. Quoi qu’il en soit, après ces deux réalisations, Hideyoshi veut soumettre la Chine, et commence par lancer des expéditions militaires en Corée entre 1592 et sa mort en 1598. Ce général compétent et aimé de ses troupes laisse sa place au dernier des unificateurs. 

III. Tokugawa Ieyasu (1542-1616)

L’ancien allié d’Imagawa Yoshimoto, tué au combat en 1560 par Oda Nobunaga, s’est vite retrouvé dans le camp du tueur de son seigneur. Libéré de ses obligations, il combat les clans rivaux de Nobunaga, et notamment les Takeda avec qui il a de nombreux démêlés. Il participe notamment à la bataille de Nagashino de 1575 voyant la défaite cinglante des Takeda.


Lorsque Nobunaga meurt en 1582, il s’oppose à plusieurs reprises à Hideyoshi, sans conséquences. Loin des îles et de Corée, il n’est pas astreint de participer à ces expéditions, ce qui lui permet de ménager ses propres forces militaires. Après la mort d’Hideyoshi en 1598, deux partis se forment au Japon : l’Armée d’Occident veut que Toyotomi Hideyori prenne la suite de son père, tandis que l’Armée d’Orient menée par Ieyasu milite pour un changement de tête.


Cette situation explosive culmine en 1600 à la bataille de Sekigahara où de très nombreux Daimyos se battent. Grâce à une trahison de troupes de l’Armée d’Occident, les lignes se disloquent et l’armée d’Ieyasu est victorieuse. A partir de ce moment-là, les autres Daimyos préfèrent se soumettre au nouvel unificateur du Japon. Profitant de ses ascendances prestigieuses, Ieyasu se proclame Shogun en 1603, mettant fin à plus d’un siècle de crise. Il garde les réformes d’Hideyoshi, redistribue les terres à ses alliés, ménage l’équilibre du territoire, et mate le dernier bastion des révoltés autour d’Osaka entre 1614 et 1615, réunis autour d’Hideyori. Le Shogunat Tokugawa est né.

Tous les épisodes :

1/5 : De la Chine au Japon.
2/5 : La Crise du Sengoku Jidai.
3/5 : Une Nouvelle Ère de la Guerre.
4/5 : Le Temps des Unificateurs.
5/5 : Fermeture et Paix.


Bibliographie indicative :
 

Akamatsu, P., « Une histoire du Japon, des origines à 1867 » [Sir George Bailey Sansom, A history of Japan : I. To 1334. ; II. 1334-1615. ; III. 1615-1867.], In Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, n°1, 1967, pp. 178-184
 
Otani, Ch., « Le mouvement insurrectionnel du Ikkô-Ikki, adeptes de la secte bouddhique Shin-shû au XVe et au XVIe siècle », In École pratique des hautes études. 4e section, Sciences historiques et philologiques, 1968, pp. 609-612.
 
Turnbull, S., Gerrard, H., Ashigaru 1467-1649. Warrior n°29, Osprey Publishing, Oxford, 2001, 64 p.
 
Turnbull, S., Samurai Commanders (2). 1577-1638. Elite 128., Osprey Publishing, Oxford, 2005, 64 p.
 
Turnbull, S., War in Japan 1467-1615. Essential Histories n°46, Osprey Publishing, Oxford, 2002, 95 p.

samedi 20 août 2016

Conflit d'Histoire 01 - Le Sengoku Jidai - Une Nouvelle Ere de la Guerre (3/5)

Conflit d'Histoire 01 : Le Sengoku Jidai
1467-1615, Japon 


Une Nouvelle Ère de la Guerre (3/5)

I. La tactique samurai en jeu
 
Le Bushi est le produit lointain des expéditions de Corée et de l’expérience militaire récoltée. En effet, entre le Ier et le Ve siècle, trois royaumes s'affrontent pour le contrôle de la péninsule : Koguryo, Silla et Paekche. Les derniers appelent les forces impériales japonaises vers 400, mais cette expédition est un échec. Les cavaliers Koguryo harcèlent particulièrement bien les troupes terrestres japonaises. Mais cette défaite est l'occasion pour le Japon d’importer ses premiers chevaux, qui s'implantent dans les plaines de l’est de l'île. En 553, les forces japonaises sont rappelées : elles ont désormais bien plus de répondant car maintenant composées de guerriers montés pratiquant l’art de tirer au galop (yabusame). 


Le terme samurai apparaît au Xe siècle, désignant une réalité similaire à celle du Bushi. Ce sont les luttes intestines entre grandes familles qui tracent la voie de l’émergence d’une classe d’aristocrates-guerriers, les Bushi. Le guerrier noble par excellence porte désormais une armure lamellaire mêlant cuir et métal, où les différentes plaques d’armure sont lacées ensemble. Le code du bushi, le bushido, apparaît dans le même temps. Un réseau de fidélités lie désormais le Daimyo ou Shugo à ses samurais ou bushi. Le Seigneur accorde des fiefs de plus ou moins grande importance à ses guerriers, sommés de lui accorder en retour une aide militaire et des hommes. Ceux appelés Ji-Samurai sont les plus pauvres de cette classe de guerriers, et cultivent la terre pour survivre lorsqu’ils ne sont pas appelés au combat. Certains de ces Ji-Samurai participent d'ailleurs aux révoltes Ikkô-Ikki.



Armé du katana, du wakizachi et d’une dague, le guerrier samurai est avant toute chose, et contrairement à ce qu’on imagine, un archer à cheval. Mais le développement pendant le Sengoku Jidai des masses d'infanterie et des troupes annexes font évoluer durablement l'armement. Les volées de flèches de l’infanterie, puis de balles de mousquets après 1543, sonnent le glas des archers à cheval : bien que très peu précises, ces volées, qui rappellent la méthode de combat des Mongols qui ont tenté l'invasion du Japon au XIIIe siècle, sont plus efficaces dans des batailles impliquant une population militaire croissante, et tendent à rendre caduque la présence de guerriers mortellement précis, mais en faible nombre. En Europe, entre le XVIe et le XVIIIe siècle, les cavaliers passent de l’art de la caracole, consistant à tirer avec des pistolets avant de se replier pour charger, à la revalorisation du contact. L’évolution de la tradition militaire équestre est la même au Japon, bien qu’un peu plus précoce. Les guerriers s’équipent de plus en plus de lances japonaises appelées yari, et leur rôle tend à devenir celui d’une cavalerie de contact, destinée à rompre les rangs adverses et notamment ceux des tireurs, le tout en étant appuyé par une infanterie en plein renouvellement.

II. L’essor des nouveaux combattants

L'infanterie prend un rôle de plus en plus important, et se développe numériquement. Au départ, ces troupes à pied sont simplement tirées de la masse des travailleurs de la terre du Daimyo. Mais cette période de crise voit l’émergence d’une nouvelle catégorie de combattants appelés Ashigaru (Pieds-légers). Exclus de la société, vagabonds ou laissés-pour-compte, ne disposant pas même de sandales pour marcher, d’où leur nom, ces hommes sur les routes finissent par se vendre aux seigneurs locaux les plus offrants : d’un côté, le Daimyo voit un moyen rapide d’augmenter ses effectifs pour continuer ses petites guerres de bornage, de l’autre les Ashigaru voient la perspective de faire du butin impunément. Mais ces troupes légères, armés sur le tas, sont très peu disciplinées, et ont pour habitude de déserter à tout bout de champ pour aller chercher des horizons meilleurs.



Le besoin de compléter les effectifs est néanmoins très fort dans une période militaire difficile. Aussi, certains Daimyos vont tenter de fixer ces effectifs, en leur donnant un statut, un équipement, une organisation. Dirigés par les Samurai, les formations d’Ashigaru se fixent chez les Daimyo les plus influents. Ils sont armés de naginata, de yari, d’arcs ou encore de mousquets importés d’Europe par les Portugais en 1543, et copiés par les manufactures du Japon. Ils complètent les effectifs des Bushi en apportant un soutien militaire indéniable. Ces Ashigaru permanents forment une nouvelle classe militaire, gardant les forteresses et les points-clés du Daimyo, tandis que les Ashigaru temporaires tendent à désigner désormais les paysans, capables de s’armer convenablement au fur et à mesure que la période avance et que les moyens de certains Daimyos progressent.

III. L’appel aux armes

 
Lorsque le Daimyo entre en guerre contre un de ses voisins, il a besoin de troupes. Outre les siennes propres, et celles de ses fiefs et forteresses, il dispose aussi d’un réseau de fidélité le liant à des Samurai à qui il a accordé un fief. Il évalue leur richesse en koku, 1 koku représentant la consommation en riz d’un homme pendant un an. En fonction de cette richesse, les Samurai sont sommés en cas de conflit d’accompagner le Seigneur avec un nombre plus ou moins important de soldats : ils peuvent ramener avec eux des compagnons d’arme samurai, des genin (domestiques pouvant agir en écuyers), des ji-samurai et des paysans. Cette contribution en paysan se transforme en contribution en Ashigaru au moment où leurs effectifs se fixent et où la population rurale dispose de plus en plus de stocks d'armes pour répondre aux besoins des seigneurs.


Comme dans toute armée, la place des bagages est importante et doit être soulignée ici aussi : en fonction de la durée de la campagne, les contingents militaires sont accompagnés par un cortège de femmes de soldat, de ravitaillement, de médecins, de marchands, de vétérinaires, etc. Le Samurai a une ou plusieurs montures en fonction de sa richesse, et seuls les plus pauvres ou ceux qui ont perdu tous leurs chevaux au combat combattent à pied. Et même si le code du Bushido reste rigide, vaincre un autre Daimyo n’est pas synonyme de séances massives de seppuku ou d'harakiri (suicide rituel par éventration) : la plupart du temps, le Daimyo vaincu est invité à se soumettre au vainqueur pour conserver un lopin de terre, tandis que les troupes sous sa juridiction deviennent pour le coup celles du nouveau seigneur. 


Tous les épisodes :
1/5 : De la Chine au Japon.
2/5 : La Crise du Sengoku Jidai.
3/5 : Une Nouvelle Ère de la Guerre.
4/5 : Le Temps des Unificateurs.
5/5 : Fermeture et Paix.


Bibliographie indicative :
 

Akamatsu, P., « Une histoire du Japon, des origines à 1867 » [Sir George Bailey Sansom, A history of Japan : I. To 1334. ; II. 1334-1615. ; III. 1615-1867.], In Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, n°1, 1967, pp. 178-184
 
Otani, Ch., « Le mouvement insurrectionnel du Ikkô-Ikki, adeptes de la secte bouddhique Shin-shû au XVe et au XVIe siècle », In École pratique des hautes études. 4e section, Sciences historiques et philologiques, 1968, pp. 609-612.
 
Turnbull, S., Gerrard, H., Ashigaru 1467-1649. Warrior n°29, Osprey Publishing, Oxford, 2001, 64 p.
 
Turnbull, S., Samurai Commanders (2). 1577-1638. Elite 128., Osprey Publishing, Oxford, 2005, 64 p.
 
Turnbull, S., War in Japan 1467-1615. Essential Histories n°46, Osprey Publishing, Oxford, 2002, 95 p.

Conflit d'Histoire 01 - Le Sengoku Jidai - La Crise du Sengoku Jidai (2/5)

Conflit d'Histoire 01 : Le Sengoku Jidai
1467-1615, Japon 


La Crise du Sengoku Jidai (2/5)

I. La fin de l’autorité centrale


Le Shogunat, ou Bakufu, est une institution militaire intégrée dans le régime impérial. Il se constitue après la Guerre de Genpei (1180-1185) lorsque la classe des Bushi (guerriers nobles) se structure et arrive au pouvoir. L’autorité de l’Empereur s’efface désormais face au personnage du Shogun, disposant de la force publique et militaire, et désignant lui-même les délégués territoriaux, alors même que l’Empereur reste étranger aux affaires publiques. Le territoire est divisé en circonscriptions dans lesquelles se retrouvent des Shugo, ou Daimyo, représentant l’aristocratie terrienne et militaire. Ces derniers sont sommés par le Shogun de résider une partie du temps dans la capitale Kyoto.



Ce pouvoir central vole en éclat à l’occasion d’un conflit qui a dégénéré : Onin no ran, la guerre d’Onin (1467-1477). Deux clans adverses bien proches de Kyoto s’affrontent, et pendant que ce conflit dégénère par l'implication d'un nombre croissants de clans dans la bataille, Kyoto finit saccagée et incendiée. Le Shogun Ashikaga n'a pas les moyens militaires de rétablir la paix, et le lien unissant Daimyo et Shogun s’effrite. Les Daimyos ne résident plus à Kyoto et rentrent sur leurs terres, d’où ils commencent à vivre en autarcie, oubliant tout lien de fidélité vis-à-vis du pouvoir central. Les luttes deviennent locales, et les clans font désormais la loi dans toutes les régions du Japon.



Dans La Société Féodale, Marc Bloch précise que le Japon est un des seuls états asiatiques à avoir développé un système féodal. Dans un article de 1967, P. Akamatsu tient à préciser davantage ce terme de féodalité : selon lui, la féodalité consiste en une façon particulière de distribuer et de tenir la terre, créant une structure sociale spécifique. D’après lui, c’est au moment du naufrage du Shogunat Ashikaga que cette féodalité apparaît entière. Les grands notables des villages et les Daimyos administrent ainsi leurs propres terres, tentant d'étendre leur influence aux domaines adjacents par la guerre ou l'assujettissement. Seuls les plus puissants des Daimyo continuent de courtiser l’Empereur.

B. La division locale du Japon

Les députés du Shogun deviennent ainsi des possesseurs de la terre, et non plus des délégués territoriaux du pouvoir central. De même, ils ne sont plus astreints à résider dans la capitale. D’autant plus que des opportunistes, soldats, samurais et même paysans se mettent à apparaître, renversant parfois la famille locale régnante et se taillant une nouvelle dynastie à la pointe du katana.



C’est aussi une période d’agitation sociale et religieuse, puisqu’autour de Kyoto, des révoltes populaires appelées Ikkô-Ikki se mettent en place. Des petits propriétaires terriens, des myôshu, s’organisent en villages, puis en communautés de villages, pénétrées par les idées d’une ancienne secte bouddhiste appelée Shin-Shû. Cette croyance prône le salut spirituel de l’homme, et est orientée par les prédicateurs comme une religion populaire voire populiste. Autour de la province de Kaga et de la forteresse d’Ishyama où se retrouve le temple Hongan-Ji, lieu d’où officiait le dernier grand prédicateur du XIIIe siècle Shinran, des révoltes populaires éclatent. Une sorte d’état populaire autonome est établi, déboutant par la force les cadres administratifs traditionnels.



Le dernier mot sur cette division locale du Japon est d'ordre géographique : l'île japonaise étant constituée en grande partie de montagnes, les lieux de pouvoir des Daimyo consistent en des forteresses établies en pleines montagnes. Les conflits se caractérisent ainsi très souvent par la prise de forteresses et de villes appartenant au clan rival plus que par des batailles rangées, d'autant plus que l'exiguïté du terrain empêche bien souvent ces batailles.
Les châteaux de montagne sont appelés yamashiro, et leur défense s'organise en une succession de fossés concentriques. C'est pendant la période troublée qui nous intéresse que les châteaux en pierre commencent à supplanter les châteaux en bois. Par ailleurs, la plus importante des villes à capturer reste Kyoto, capitale et lieu de résidence des Shoguns, et qui attire de fait la convoitise des plus puissants Daimyos à partir de 1560, moment où la lutte s'intensifie autour de quelques grandes familles. 

Tous les épisodes :

1/5 : De la Chine au Japon.
2/5 : La Crise du Sengoku Jidai.
3/5 : Une Nouvelle Ère de la Guerre.
4/5 : Le Temps des Unificateurs.
5/5 : Fermeture et Paix.


Bibliographie indicative :
 
Akamatsu, P., « Une histoire du Japon, des origines à 1867 » [Sir George Bailey Sansom, A history of Japan : I. To 1334. ; II. 1334-1615. ; III. 1615-1867.], In Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, n°1, 1967, pp. 178-184
 
Otani, Ch., « Le mouvement insurrectionnel du Ikkô-Ikki, adeptes de la secte bouddhique Shin-shû au XVe et au XVIe siècle », In École pratique des hautes études. 4e section, Sciences historiques et philologiques, 1968, pp. 609-612.
 
Turnbull, S., Gerrard, H., Ashigaru 1467-1649. Warrior n°29, Osprey Publishing, Oxford, 2001, 64 p.
 
Turnbull, S., Samurai Commanders (2). 1577-1638. Elite 128., Osprey Publishing, Oxford, 2005, 64 p.
 
Turnbull, S., War in Japan 1467-1615. Essential Histories n°46, Osprey Publishing, Oxford, 2002, 95 p.




mercredi 10 août 2016

Warhammer Fantasy Battle – Le Monde de la Première édition, 1983

Une nouvelle série d'articles

Nous voilà partis pour une nouvelle série centrée sur la genèse d'un monde, de sa géographie, de son histoire, le tout d'une façon médiéval-fantastique, à travers le jeu de figurines Warhammer Fantasy Battle. J'ai promis sur ce blog que je traiterai de choses plus sérieuses, et parler d'un monde, aussi fantaisiste soit-il, sous le prisme de livres de règles, de livres d'armées et d'une littérature assez importante, tout cela pour parler de géographie et d'histoire, peuvent tout à fait rentrer dans ce moule. Alors allons-y.

Fondé en 1975 à Londres, la société Games Workshop se charge d’importer des jeux de plateaux américains et de les publier sur le sol britannique. Au début des années 80 leur vient l’idée de développer et d’éditer leur propre jeu de figurines médiéval-fantastique, en créant les figurines Citadel et en sortant le premier livre de règles. Au fil des neuf éditions s’échelonnant jusqu’en 2015, l’histoire et les règles de Warhammer se sont peu à peu complexifiées. Si les systèmes de formation, de mouvement et de combat sont restés similaires, il n’en fut pas de même pour les compositions d’armée ou encore la magie.


Avant de nous attarder sur les armées et les univers de chacune des races, il importe d’avoir derrière la tête un aperçu de la géographie et de l’histoire globale du monde de Warhammer Fantasy Battle, en suivant pas à pas les différentes éditions. Nous verrons ainsi au fur et à mesure du temps la formation et la complexification d’un monde en plein expansion.

I. Les débuts d’un jeu de figurines 

La toute première édition de Warhammer était divisée en trois livres. Le premier traitait des batailles sur tables, le second de la magie et le dernier du système des personnages et des héros, inspiré des jeux de rôle papier. On y retrouve le déplacement en formation, les phases de mouvement, de tir, de combat et de magie, la psychologie et des tests précis de moral pour gérer les déroutes. Il faut comme toujours toucher la cible, la blesser puis la laisser faire son jet de sauvegarde et appliquer les règles spécifiques d’impact.

Des débuts émouvants...
Ce système restera en place jusqu’à la toute dernière édition de Warhammer, qui a décidé de remettre à plat toutes les règles du jeu en supprimant purement et simplement les formations, pour remplacer les unités par des escouades à la Warhammer 40K, leur jeu de figurines de type science-fiction. Mais ce n’est pas ce qui nous intéresse ici.

II. Un arrière-plan inexistant ?

Le principe de cette première édition est qu’il n’y a presque pas d’histoire. L’univers est à peine en train de se constituer au gré des campagnes réalisées par les concepteurs du jeu. Le bestiaire est ainsi bien peu étoffé, donnant juste des indications pour savoir quoi et qui jouer. Mais c’est là qu’apparaissent plusieurs races iconiques.

Si les Hommes et les Nains sont présentés très sommairement, les Elfes sont quant à eux déjà divisés entre Elfes des Bois, Elfes de la Mer, Elfes de la Nuit, rejetons chaotiques, et Hauts-Elfes. Pour nos amis Peaux-Vertes, on retrouve nos amis Gobelins, sensibles à la lumière du soleil, et divisés entre les P’tits Gobelins (traduisez comme vous vous voulez Less’r Goblin), les Gobelins Rouges montant des loups, les Gobelins de la Nuit préfèrent les cavernes, et les Gobelins « normaux » préfèrant monter des sangliers. Apparaissent aussi les « Hobgoblins », presque aussi violents que les Orcs, et bien plus imposant que leurs petits cousins. Tout ce beau monde s’engage contre les cités naines depuis les Guerres Gobelines, occasionnant des rancunes tenaces entre les deux races.


Les premiers Hommes-Lézards sont quant à eux loin des jungles, puisqu’habitant les cavernes les plus profondes des montagnes dont ils ne sortent que pour lancer des raids sur les Gobelins et les Nains. Les Hommes-Poissons, présentés comme des pirates, deviendront les Slanns, tandis que tout un bestiaire reste à peine nommé : Trolls, Géants, Hypogriffes, cousins des Griffons, Hommes-Arbres, Aigles et je passe les spectres, les squelettes, les liches et les autres esprits maléfiques.

Apparaissent aussi les premières traces du « Chaos » : certaines créatures possèdent des attributs chaotiques, tels les Minotaures, futurs Hommes-Bêtes, ou encore les différents types de Démons tels le Balrog. Pour terminer, notons qu’on trouve les « Werebeast », c’est-à-dire les hommes pouvant se transformer. Outre le Loup-Garou, on trouve les Wererats, qui deviendront non pas des Homme-Rats dans les éditions ultérieures, mais les Skavens.

Conclusion 

Le jeu de figurines pose les premiers jalons d’un univers non fixé, reprenant des éléments de fantasy un peu disparates, entre des hommes génériques, des nains, des elfes, des orcs et autres créatures. Dès l’année d’après, le supplément Forces of Fantasy donne des types d’unités un peu plus précis en fonction des races. Mais c’est surtout la seconde édition qui va apporter une large pierre à l’édifice du monde en train de se former. Cette première édition était le passage obligé par lequel tout commence.

mardi 26 juillet 2016

Point Actu : Violence, crimes de masse et indécence (14/07/2016)

Introduction

Un camion écrase et tue 84 personnes sur la Promenade des Anglais, une attaque au couteau frappe une famille de quatre personnes quelques jours plus tard ; deux attaques aux armes tranchantes, une à la bombe et une aux armes automatiques frappent l'Allemagne en une semaine ; une bombe explose à Kaboul et tue 80 personnes ; une attaque au couteau est perpétrée dans un hôpital psychiatrique au Japon ; une fusillade en Floride, un putsch militaire en Turquie de 290 morts...

Les crimes de masse et la violence semblent se multiplier en plein été, et surtout se mettent à frapper de plus en plus proche. La couverture médiatique est extrêmement dense, les informations tournent en continu sous fond de préparation des candidatures présidentielles françaises. Parlons d'ailleurs de cette fameuse France.

Orienter la souffrance

Les médias nationaux s'amusent dans leur souci de dévoiler un maximum de chose à préciser sans arrêt la nationalité des tueurs, surtout s'ils sont bi-nationaux, comme si cela pouvait expliquer quoi que ce soit, et n'hésitent pas à brosser un portrait aussi complet que si on se retrouvait dans Faites Entrer l'Accusé. On peut imaginer à quel point les familles des victimes sont contentes de voir afficher dans tous les médias nationaux la photo du tueur, et de voir une cohorte d'experts commenter chaque élément de sa vie.

Ce culte de l'indécence se retrouve évidemment dans la couverture des événements, inutile de revenir sur les bavures journalistiques diverses le soir de la tuerie de Nice, et se télescope dans les divers "réseaux sociaux" à coup d'images et de vidéos chocs. C'est dans ces mêmes endroits que frappe la propagande de Daesh, à grand coup de banalisation de la décapitation.

La mort comme argument politique

L'indécence frappe aussi les milieux politiques. Les opposants s'amusent à accuser François Hollande et ses mesures de sécurité, comme si cela pouvait permettre d'avancer. Ils critiquent des mesures de sécurité qu'ils auraient pourtant appliqué à sa place. Il suffira d'attendre que la droite soit élue et que des attentats soient commis pour prouver que n'importe quel dégénéré pourra toujours réussir à forcer des mesures de sécurité aussi draconiennes soient-elles, à moins d'instaurer une surveillance active pour chaque citoyen.

Les promesses de campagne s'orientent ainsi vers la sécurité toute puissante, les mesures farfelues proposées par les candidats étant légion. A ce titre, rendez-vous ici pour décoder avec le Monde les discours provocateurs du candidat des Républicains Sarkozy. Cette récupération politique conduit de nombreux hommes politiques à essayer de surfer sur la vague de la mort, à grand coups de promesses pour leurs fameux "français" qui ont évidemment grand besoin d'eux si on les écoute attentivement.

Conclusion

Au lieu de compter nos morts et d'être uni comme pendant les derniers attentats, la France s'amuse à rompre son unité nationale grâce aux toutes-puissantes chaînes d'information faisant leur beurre des coupables et des sacrifiés, et surtout grâce aux responsables politiques qui profitent de la situation pour préparer leurs futures campagnes. Les "élites" donnent un bien mauvais exemple, et il serait de bon ton que l'indécence quitte une fois pour toute la politique.

D'après Platon et sa République, l'homme politique doit inspirer la vertu, la justice et la tempérance. Platon était déjà loin du compte à son époque, et ce ne sont pas les scandales judiciaires et/ou monétaires de candidats à la présidence qui permettront d'améliorer les choses.

Bienvenue en 2016.